Courir un Ironman à l’étranger est toujours très excitant mais voyager avec son vélo et courir dans un pays étranger peuvent générer un peu d’inquiétude. Fort de mon expérience de 4 ironman (Floride, Maryland, Texas et Hawaii) sur le sol américain voici la checklist des petits conseils pour aborder ce rdv avec sérénité et notamment un Ironman au Texas.

Administratifs :

Passeport :

Pour se rendre au Texas, il faudra vous munir bien évidemment d’un passeport. Attention d’être bien vigilant à ce que votre passeport soit valide 6 mois après votre date de retour en France conformément à ce qu’exige la loi américaine.

L’ESTA :

Pour pénétrer sur le sol américain (même juste pour une escale), vous devez obligatoirement faire une demande d’ESTA (Electronic System for Travel Authorization). C’est une autorisation, cela coûte 14 dollars et vous recevez généralement l’autorisation sous 48h. Attention, vous ne recevez pas de mail attestant que votre ESTA est approuvée, vous devez vous rendre sur le site https://esta.cbp.dhs.gov/esta/ pour vous assurez que votre ESTA est approuvée. Vigilance à ne pas utiliser d’autres sites peu scrupuleux qui vous prélèveront 5 à 6 fois plus chère pour le même résultat.

Les billets d’avion :

Je conseille de limiter le nombre d’escale au minimum, cela évite de nombreuses manutentions pour votre valise à vélo. Pour les personnes vivant en région parisienne, il est aisé de pouvoir trouver des vols directs pour Houston (ou d’autres grandes villes américaines). Je conseille également de privilégier des vols tôt le matin afin de pouvoir arriver en début d’après midi aux USA (en fonction du décalage horaire). Concernant le voyage, généralement je pars avec ma valise à vélo et un sac à dos de montagne en cabine. Certaines compagnies comme Luftansa acceptent  de prendre votre valise à vélo dans la franchise bagage de 23kg (Je n’avais pas payé en Floride, au Maryland, au Texas, et j’avais payé à Hawaii car j’avais pris une valise avec moi). Il n’y a rien de sûr mais ca vaut le coup d’essayer et d’économiser 450 euros aller-retour.

Arrivée à l’aéroport :

Les formalités pour entrer sur le sol américain sont simples mais peuvent être très longues. En effet, vous devez passer la douane pour faire tamponner votre passeport. Cela peut durer longtemps, il faut être patient. Après cela, direction les bagages XXL pour récupérer la valise vélo et se diriger vers les agences de location de véhicule, tout est très bien indiqué aux USA.

Sur place :

Hébergements :

Aux USA je suis partisan de la location d’appartement tout simplement parce que je préfère me faire à manger en amont de la course. Il n’est pas facile de manger équilibré aux USA dans les restaurants sans dépenser une fortune (les fast food sont très bons marchés mais les restaurants type européens sont chères). Les supermarché KROGER sont les meilleurs selon moi car il propose des produits frais et non modifiés contrairement à d’autres supermarché. Par habitude, je passe par les site Airbnb, Abritel ou VRBO quand la conversion Dollar-Euro est intéressante.

Pour le Texas, j’avais choisi un logement à The Woodlands, le coin est très sympa et rappelle fortement les quartiers de Wisteria Lane dans Desperate Housewives pour les amateurs de séries TV. Pour les hébergements et surtout au Texas, il vaut mieux sortir des grandes villes car il est tout simplement impossible de rouler avec la circulation, de plus les grands axes sont pourvus de nombreux feux tricolores et les routes sont tout simplement défoncées.  

Voiture :

Il est très difficile de se déplacer aux USA et surtout au Texas sans véhicule. Mon petit conseil est de passer par le site CARIGAMI qui propose d’excellents tarifs, compter environ 35-40euros/jour pour un 4×4 assurances incluses.

Réglage vélo :

Les shop vélo sont très nombreux aux USA et par expérience les personnes sont très aimables et sérieuses. Le plus simple est de faire régler son vélo avec le prestataire présent sur le village départ mais attention à la note qui sera bien plus salée que si vous passez par le vélociste du coin.

Groupe Facebook :

Généralement avant une course je rejoins toujours la page facebook de la course afin de pouvoir bénéficier des dernières infos. De plus, pour ceux qui se pose la question du port de la combinaison néoprène, pour le Texas il existe cette page : Lake Woodlands Water Temperature. Chaque jour le dernier mois de la course, la page communique sur la température du lac.

Reco du parcours vélo:

Il est impossible de reconnaître le parcours vélo outre qu’en voiture au Texas. Il s’agit d’une autoroute fermée à la circulation le jour de la course.

A visiter/ à faire / bonnes adresses :

Courir un Ironman à l’étranger est aussi l’occasion de visiter l’endroit dans lequel on se trouve.

Houston :

  • Aller voir un match de NBA, base Ball ou NFL. Perso, j’ai assisté à un match de play off des Houston Rockets. Ambiance Garantie.
  • Visite de la NASA, l’un des incontournables à faire à Houston, rien de subjuguant mais c’est quand même à faire.
  • Le centre ville de Houston n’a rien de fantastique.

The Woodlands :

  • Centre ville très sympa, loin de la vie ultra agitée de Houston. Pas mal de joli quartier à visiter.
  • A San Antonio : Riverwalk, le Annecy Texan. On peut s’y promener et manger Mexicain au bord du canal.

Austin : Visiter le Capitol.

  • Enfin, l’un des incontournables des USA c’est d’aller faire les Outlets, pleins de belles affaires à faire !

Les choses que tu aurais aimé savoir ?

Qu’il fait aussi chaud au Texas ! C’est une course difficile du fait qu’en France en mars-avril nous n’avons pas eu de température élevées du coup le corps n’est pas acclimaté. C’est ce qui fait selon moi la grosse difficulté de cette course.

COMPTE RENDU

IRONMAN TEXAS – Traditionnel compte rendu d’après course, et quelle course cet Ironman Texas. Mais pourquoi être aller une nouvelle fois aussi loin pour courir.Premièrement, allier mes deux passions que sont les voyages et le sport, deuxièmement Ironman Texas faisait partie de ma to do list des 10-15 Ironman qui me font « briller les yeux » que ce soit par le parcours, le lieux, … Troisièmement, en tant que championnat continental (Championnat Nord Américain en l’occurrence), Ironman Texas offrait le double de slot, mais cela s’accompagne par une densité un peu plus importante aussi et enfin la possibilité de partager à nouveau un voyage avec des amis (Guillaume et Laura en l’occurrence) ça ne se refuse pas.

Bref, tout ça pour dire que nous avons posé les pieds à Houston City 6 jours avant la course avec ma petite femme histoire de récupérer du voyage et des 7h de Jet lag et surtout s’acclimater à la chaleur (chaleur qui ne viendra qu’à deux jours de la course, shit !), nous avons passé 3 jours à Houston histoire d’aller voir de près à quoi ressemble la NASA, histoire d’assister en direct à la qualification des Houston Rockets en demi finale de conférence Ouest et nous voilà arriver aux Woodlands 3 jours avant la course.

Le lieu de la course est juste magnifique, de belles étendues de forêts, des quartiers très sympa et le centre de Woodlands est plutôt très mignon mais on est pas là pour faire du tourisme.

Jour J – Samedi matin réveil à 4h, et c’est parti pour rejoindre le super parc à vélo. Dernier check up au parc et on rejoint le départ natation qui est à au moins 2km (c’est vrai que 226km ça suffit pas) du Bike park en longeant le canal dans lequel on nage, et ce dernier nous ne donne guère envie d’y tremper les fesses. C’est marron déglue, ça pue et on perçoit des choses qui flottent à la surface, une belle partie de plaisir en perspective.

Départ rolling start, je me lance dans le Woodlands Lake. l’objectif est de maintenir une belle fréquence de bras et de réaliser une natation plutôt « agressive », je vais arriver à suivre le plan environ 1000-1500m à l’issue desquels je sens que je n’ai pas d’appuis dans l’eau ! J’avance pas bien vite et en plus cela fait la troisième fois que je bois la tasse et comment dire l’eau est horrible. Bref, je tente de rester dans mon effort et au bout de 30min environ de nage j’aperçois à mes côtés ma petite femme. Je décide alors de me caler dans ses pieds en pensant aux nombreux messages que je vais recevoir du style : « Laetitia est sorti en même temps que toi », non mais c’est encore mieux je me fais lâché dans le canal ! « Laetitia t’a tapé en natation » oui oui j’assume elle a super bien nagé et moi ben j’ai fais comme j’ai pu aujourd’hui ! Sorti de l’eau en 59min et quelques tasses en 9ème position de mon groupe d’âge puis direction T1 où je fais une transition rapide et c’est parti pour le vélo que j’attendais avec impatience.

ironman texas kiwami

Les 1ers kilomètres s’enchainent bien, mal aux fessiers mais ça s’assouplit à l’entame de l’autoroute spécialement fermé à l’occasion et là surprise du chef, les 30 premiers kms sont loin d’être roulant, ça tourne à droite puis à gauche et encore à droite puis à gauche ! Puis ça monte et un peu que ça redescend ! Bref, sur l’autoroute je me dis ça va rouler ! Vent de face ! Mais vent de face de chez vent de face ! Je roule à 32km/h à 240W ! Heu j’avais pas signé pour ça ! L’objectif c’était d’aller taper mon PR à vélo ! Je parviens à trouver un groupe de 7 athlètes dont 3 pros femme avec qui on roule propre jusqu’au demi tour. Puis vent de dos ça roule très très fort, je suis même obligé de laisser filer. Demi tour sur l’autoroute et c’est reparti pour 35km vent de face. Et là c’est un gros bazar avec les athlètes qui sont sur leur premier tour, ce qui fait que l’on roule énormément par à coup pour doubler les moins rapides que nous. Obliger de slalomer par moment ! Bref pas simple. Le vent est toujours aussi fort et la chaleur se fait bien ressentir, 33°C à 12h. Sur la fin du vélo je fournis un effort sur les 15 derniers kms pour m’extraire du groupe dans lequel je suis. Bilan: je pose le vélo 8ème de mon groupe d’âge en 4h53 (36,8km/h de moyenne avec 650m de D+, c’est tout plat et roulant le Texas, c’est cela ouais !).

Je pars sur le marathon à mon rythme, l’ambiance est bonne au bord de la route, y’a de la grosse musique, des mecs en cowboy, des filles en cowgirl plutôt sympa comme ambiance (je parle de l’ambiance pas des filles en cowgirl) mais je reste concentré. La chaleur est terrible et au bout de 3km je suis obligé de m’arrêter aux toilettes de toute urgence ! 1er arrêt. Je repars mais je sens de suite que le marathon ne va pas être simple. Je termine la 1ère boucle de 14km avec le ventre en vrac en train de me demander si je ne vais pas arrêter là mais Guillaume m’annonce que je suis 8ème au scratch. Je savais que pour le slot pour Kona il fallait que je termine à tout pris dans les 7-8 premiers. Je m’accroche à cela.

Deuxième boucle, je me fais littéralement attaquer par un insecte volant non identifié boosté aux hormones américaines. Celui-ci me harcèle pendant prés de 50m et me pique à 2 reprises à la tête et au coup ! S’ensuit un deuxième arrêt au stand pour une pose toilettes obligatoires ! Ouhlala ça commence à faire ! Je croise ma petite femme sur sa 1ère boucle. Quelques encouragements, j’ai un peu de mal à parler tant je suis sec. A la fin de la 2ème boucle, Guillaume m’annonce que je suis 7ème de mon groupe d’âge, que devant ça court pas plus vite mais que derrière ça court un peu plus vite.

Sur la troisième boucle je débranche le cerveau, la chaleur est insoutenable je suis obligé de m’arrêter sur les ravitos pour me rafraîchir, à 4km de l’arrivée 3ème arrêt toilettes obligatoires. Je repars au mental puis Guillaume m’annonce que devant ça craque, je regarde la montre il reste 2 km je lâche les chevaux (qui sont fatigués) qu’il me reste. Je franchis la ligne d’arrivée en 9h32 (marathon en 3h30 pile), 61ème au classement scratch pros compris (2400 finisher), 34ème amateurs et surtout 7ème de mon groupe d’âge. S’en suit alors une petite prise en charge par l’équipe médicale suite à un gros coup de chaud.

Après un peu plus de 30min à reprendre mes esprits je retrouve les jeunes de La Loire en déplacement avec le coach et Guillaume à l’arrivée. Puis ce sera encouragements de Laetitia pour finir la journée.

Au retour à la maison, je suis d’abord déçu par ma course, en difficulté en natation, pas top à vélo mais en même temps c’était dur et puis ce fut mon 1er marathon malade. Je termine à 1min40 de la 6ème place, et à 2min de la 5ème, la déception est d’autant plus grande mais en prenant un peu de recul, la course était difficile ! Un vélo usant avec beaucoup de vent et une chaleur bien présente et surtout un marathon pas très roulant et avec une chaleur très présente. Quand on voit qu’on a peiné à dépasser les 22-23°C sur les dernières semaines de prépa rien de très étonnant d’en avoir autant souffert.

Après mes calculs, je pensais qu’il y aurait 7 slots dans ma caté mais en fin de compte il y en avait que 6 mais je savais qu’un athlète devant moi était déjà qualifié pour Kona. Je serai donc le 12 octobre prochain au départ de mon deuxième championnat du monde à KONA !!!!!!!!

Un bilan plutôt positif sur cet Ironman Texas, malgré des conditions difficiles et un contexte (sur le marathon) pas simple je parviens à rester concentré sur ma course et à puiser dans mes ressources physiques et mentales. Ce 9h32 est très satisfaisant surtout pour un Ironman de début de saison. Mon classement au scratch est plus que satisfaisant et je venais pour faire top 8 et c’est atteint.

L’objectif de ma saison était de retourner à Hawaii pour une deuxième fois, l’objectif est atteint et va me permettre de bien préparer cette course les 6 mois à venir.

Encore bravo à ma petite femme pour sa super course, une 9ème place dans sa caté ça commence à avoir de la gueule.

Merci à mon entraineur Christophe Bastie pour m’avoir encore une nouvelle fois permis de réaliser la meilleure course possible et de m’envoyer une 2ème fois sur Big Island.

Merci à nos supporters de choc du jour, Guillaume, Laura et tous les jeunes de La Loire pour leurs encouragements, et ça fait grave du bien !

Merci à tous pour vos messages, amis, le club des Sardines, et surtout la team Multriman.

Enfin, un grand merci à Cube Bikes France de me permettre de rouler sur une telle machine, un grand merci à Kiwami Europe pour leur soutien cette saison la trifonction SPIDER 2 LD aero est plus que validée, hâte de pouvoir valider la nouvelle Swimskin Aquarush dans le pacifique.

Merci également à Swiss Side pour la qualité des roues Hadron 625 et Nutrisens Sport(Barres Flapjack et boisson AC+ validées).

Merci également à l’ensemble de mes partenaires pour leur présence à mes côtés cette saison:

Stéphane Plaza Immobilier Aucamville (mention spéciale Thomas Darcel)

IPSET

My Beers Montélimar

Garage Serge Clement

Très heureux d’aller une nouvelles fois représenter le club des Sardines Triathlon Marseille dans le pacifique le 12 octobre prochain.