Le Cross Triathlon/XTERRA

Présentation

Le Cross Triathlon ou XTERRA est la version off road du triathlon. Elle consiste à réaliser un triathlon nature au cours duquel les athlètes enchaînent la natation, le VTT et le trail. Comme pour le triathlon route, les épreuves sont déclinées sur différents formats (XS, S, M, L) en fonction des distances à parcourir dans chacune des disciplines. Cependant, à titre comparatif, les distances en Cross Triathlon sont réduites de 25% par rapport au triathlon route pour une même dénomination en ce qui concerne les parties VTT et trail (afin de garantir une durée à peu près équivalente à ce qui est classiquement réalisé sur triathlon route). La natation reste elle inchangée.

Par ailleurs, on trouve deux dénominations distinctes : cross triathlon et XTERRA. Il s’agit en fait de la même discipline mais qui concerne deux circuits différents. Le cross triathlon est l’appellation officielle de la fédération internationale de triathlon, et déclinée dans les différentes fédérations nationales. Le XTERRA est l’appellation d’un label privé, au même titre que le circuit IRONMAN ou CHALLENGE sur les triathlons longues distances. Ce label propose un circuit mondial de 35 courses réparties sur 3 grands championnats (Asie-Pacifique, Europe et Panaméricain) ainsi qu’une finale mondiale annuelle à Maui (Hawaii). Les distances XTERRA sont un peu plus longues qu’un Cross Triathlon M, à savoir 1,5km de natation, entre 30km et 40km de VTT et un trail de 8km à 12km. La durée est de l’ordre de 2h30 à 4h en fonction du parcours et des conditions.

Spécificités du Cross Triathlon/XTERRA

Comme évoqué précédemment, les différences majeures par rapport au triathlon route concernent la partie vélo et la partie course à pied.

Après la natation, les athlètes réalisent la partie vélo en VTT. La réglementation autorise tous les types de VTT (rigides, semi-rigides, tout suspendu) mais exclut l’utilisation de vélos de type gravel/cyclocross. Les parcours comportent très souvent du dénivelé et les montées permettent de doubler facilement, ce qui est moins aisé en descente, notamment lorsqu’on évolue sur des singles. L’effort est beaucoup moins linéaire qu’en triathlon route. Il faut constamment jouer du dérailleur et ne pas hésiter à faire monter le cardio dans les bosses afin de passer certains raidards. A l’inverse, les descentes permettent de récupérer davantage que sur la route. Il y a également une dimension de pilotage très importante dans cette discipline et une certaine fluidité à trouver dans les trajectoires. Côté matériel, le choix des pneus et de la pression dépend vraiment du terrain et des conditions météo. Par ailleurs, je conseille vivement d’utiliser des pneus Tubeless afin de s’affranchir au maximum des risques de crevaisons. De plus, il existe des pneus aux flancs renforcés qui permettent également de réduire le risque de déchirure. Il est quand même préférable de partir avec une chambre de secours en course car même des Tubeless renforcés ne sont pas infaillibles.

Course à pied

Les parcours sont également très différents des parcours route. Le bitume est quasi absent et est remplacé par des circuits natures typés trail. Le choix des chaussures dépend là aussi du terrain. Certains terrains secs permettent de rester en chaussures de running classiques mais d’autres nécessitent des chaussures à crampons. De plus, il n’est pas rare d’avoir à franchir un ruisseau ou de courir dans le sable, donc le port de chaussettes peut être judicieux. Côté gestion de course, on est là aussi à l’opposé de la route. L’allure est complètement aléatoire d’un kilomètre à l’autre en fonction du profil du parcours. Il n’est pas rare de se retrouver à marcher dans certaines montées, et enchaîner derrière une descente ultra rapide. Inutile donc d’essayer de viser une allure moyenne, la partie course se fait aux sensations et beaucoup au mental. La montre ne sert ici qu’à renseigner le kilométrage.

Points forts du Cross-Triathlon/XTERRA

Cela fait désormais 4 ans que je me consacre pleinement à cette discipline après avoir disputé des triathlons route sur une multitude de formats (Grand Prix, IM, 70.3). J’ai basculé progressivement vers cette discipline car j’y ai découvert beaucoup d’aspect intéressants :

  • une ambiance différente sur les courses. Il est vrai que le VTT et le trail ont ce côté fun qui attire de plus en plus de personnes. L’atmosphère y est saine entre les athlètes qui n’hésitent pas à s’entraider sur les courses en cas de galère (crevaison, chute, etc). On entend également moins de débats d’après course au sujet du drafting, chose qui me fatiguait un peu sur les triathlons route,
  • un côté nature que j’apprécie particulièrement. On évolue dans des paysages magnifiques, très sauvages et un peu plus préservés que sur certaines courses sur route. Depuis que je pratique cette discipline, j’ai eu la chance de coupler les courses avec des voyages dépaysants (Taiwan, Malte, République Dominicaine),
  • une grande variété de circuits qui permet à chacun de trouver un terrain qui lui convient. Des parcours plats (Pays-Bas), très montagneux (Italie, France), de la boue (Belgique), du sable (Argentine), du single (Nouvelle Zélande), du roulant (Suisse quand c’est sec), du cassant (Portugal). Bref une diversité incroyable pour pouvoir s’épanouir pleinement,
  • un entrainement vélo différent. Le VTT est spécifique et même si l’entrainement sur route est complémentaire, il est primordial de faire régulièrement des séances VTT. C’est une discipline très technique où les repères sont importants. Par ailleurs, l’avantage du VTT réside également dans le fait qu’il se pratique tout au long de l’année (hiver compris) et qu’il permet d’être moins en contact des automobilistes (risque d’accident réduit). Enfin, un autre point positif et non des moindres, est que le VTT se traduit par des séances d’entrainement moins longues. Ayant une activité professionnelle en parallèle de ma pratique sportive, il est vrai que le volume horaire requis par le triathlon longue distance devenait problématique pour rester performant sur route,
  • de plus en plus d’épreuves en France et à l’étranger. Le calendrier Cross Triathlon/XTERRA ne cesse de s’enrichir de nouvelles courses et c’est un point très positif. Cela montre l’attractivité de la discipline et cela participe à son développement.

Voilà j’espère vous avoir donné envie de vous inscrire à une épreuve off road prochainement et au plaisir de se croiser sur une de ces courses.

Bonne saison à toutes et tous.

Julien BUFFE – Ambassadeur Kiwami Racing Team