Triathlètes : où s’entraîner à Londres ?

Je suis étudiant depuis 3 ans à Londres, et mon projet sportif m’a accompagné outre-Manche. L’appel du pub est certainement plus fort qu’à Paris ; mais quand je n’y suis pas, j’arrive quand même à m’entraîner ! Ayant habité à Boulogne-Billancourt puis dans l’Ouest parisien depuis toujours, mon cadre d’entraînement était plutôt idéal ; je nageais avec mon club, le Stade Français triathlon, roulais à Longchamp (place forte du cyclisme parisien 😉 ou en vallée de Chevreuse et courais dans le bois de Boulogne.

L’arrivée à Londres (où j’habite en plein centre) a donc plutôt déstabilisé mes habitudes d’entraînement.J’ai commencé par chercher un club de triathlon proche de chez moi, mais il était difficile d’en trouver un adapté à mon niveau et à mon emploi du temps d’étudiant. Je m’entraîne donc soit seul (natation), soit accompagné, plus ou moins fréquemment, par les clubs universitaires de vélo et de course de UCL, où j’étudie.

Depuis tout petit j’ai toujours eu la chance d’« éviter » la natation en créneaux publics, un cauchemar à Paris. Par manque de temps, il m’est impossible de rejoindre un club ici, j’ai donc dû me résoudre avec réticence à nager par moi-même… avant de réaliser qu’à Londres, nager de créneaux publics n’a que très peu en commun avec les bouchons des piscines parisiennes !

À Londres, aucune piscine n’est publique. L’abonnement mensuel (de l’ordre de £25 par mois) permet la décongestion des piscines et, en choisissant bien ses horaires, on se retrouve vite tranquille dans sa ligne.

J’ai essayé quelques piscines à mon arrivée, et aucune ne m’a parue plus fréquentée que les autres. Je suis inscrit depuis 3 ans à EnergyBase (piscine de l’Université de Londres) située à Bloomsbury, à côté de la gare de Kings Cross, un bassin de 33m peu fréquenté et assez tranquille. Idéal pour de belles séances ! L’abonnement offre aussi un accès libre à la salle de sport, ce qui permet le renforcement musculaire ou quelques séances sur tapis à pied quand la météo est trop capricieuse.

La plus belle piscine est – de loin – la piscine Olympique, mais elle est très éloignée du centre de Londres (dans le quartier de Stratford, à 10km à l’Est). Il est donc assez chronophage de s’y rendre fréquemment. Tout dépend d’où vous habitez/logez, mais il y aura toujours une piscine assez proche !

Les plus courageux iront nager dans la Serpentine River, au cœur de Hyde Park. Un club de natation y nage toute l’année, de janvier à janvier (sans combinaison !), et un bassin est ouvert au public pour l’été. Le cadre est superbe pour une belle séance en eau libre.

Le vélo, en revanche, est clairement le sport le plus compliqué à pratiquer à Londres.

La ville est beaucoup plus étendue que Paris (sa superficie est 2 fois supérieure). Là où sortir de Paris pour rouler en campagne ne prend que 20 à 25km, il faut en compter au moins 40 pour sortir de la capitale anglaise. 80km aller-retour en ville, ça peut être assez usant (et votre moyenne Strava en prendra un coup !).

Je réserve donc la campagne pour les sorties longues. Heureusement, il existe certains parcs en ville qui permettent quand même de rouler. Si Regent’s Park est assez fréquenté par les cyclistes locaux (le tour fait 4.5km), je trouve la circulation et la fréquence des feux de signalisation plutôt frustrante et rendant les séances de fractionné difficiles.

Le Richmond Park, en revanche, est un superbe cadre. Situé à 45mn à l’Ouest du centre environ, le tour en fait 10km, est plutôt vallonné et l’ambiance du parc donne l’impression d’être en pleine campagne (j’y croise fréquemment des cerfs, par exemple). Un café est situé à la sortie Est du parc, idéal pour une pause post-effort avant de retourner en ville.

La solution du home-trainer apparaît néanmoins comme la meilleure. Sur mes quatre séances hebdomadaires de vélo l’an dernier, j’en effectuais trois sur home trainer et une seule en extérieur, ce qui m’évitait l’aller-retour jusqu’à Richmond Park ou les arrêts fréquents aux feux de Regent’s Park.

Un entrainement plus original est aussi possible grâce à la relative proximité de la piste Olympique, le Lee Valley Velopark. Voisine de la piscine Olympique, l’accès est facile, surtout en groupe, et permet de travailler des filières différentes de temps en temps. L’approche est ludique avec des possibilités d’approfondissement si l’effort de la piste vous plaît. Je recommande vivement !

Courir est, contrairement au vélo, plus sympa à Londres qu’à Paris. Habitant à Camden, je suis à proximité de trois parcs différents : Regent’s Park, Hyde Park et Hampstead Heath, ce qui permet de varier le cadre de mes footings et de mes séances.

Hyde Park propose un tour de 2km très plat autour de la Serpentine River, parfait pour un seuil, tandis que Hampstead Heath est très vallonné, avec beaucoup d’arbres et de boue ; un cadre idéal pour des fartlecks ou des belles séances spé cross.

Primrose Hill culmine juste au-dessus de Regent’s Park, offrant une pente adaptée à de belles séances de côtes.

Il y a de nombreux parcs, dans Londres ou à l’extérieur, qui permettent de courir quelque soit votre quartier de résidence ; Wimbledon Common, Victoria Park, Richmond Park, Battersea…

Je cours depuis 2 ans avec le club d’athlétisme des Highgate Harriers, basé à la piste de Parliament Hill. Si vous cherchez à progresser au sein d’un groupe motivé, ce club est le bon ! Pour ce qui est du demi-fond, trois groupes de niveau sont proposés, avec des athlètes de niveau national (-30mn au 10km), mais maintenant une densité qui permet de toujours courir dans le groupe lors des séances : une saine émulation !

L’organisation d’événements fréquents permet aussi de « mettre un dossard » assez souvent ; chaque dimanche, il est possible de courir un « Parkrun », course de 5km dans un parc de Londres différent à chaque fois.

L’atmosphère du cross-country est à ne pas rater ; de septembre à mars de nombreux cross sont proposés, avec des parcours exigeants et une ambiance au top. Si vous en avez l’occasion, participer à ces cross est une belle opportunité de « faire la caisse » en préparation de la saison de triathlon.

Le cadre est donc finalement plutôt adapté au triathlon ; il suffit d’en connaître les spécificités !

 Côme Bonnet Badille, athlète Kiwami.