Triathlon International de Cannes

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Triathlon international de cannes

Pour mon entrée en matière sur triathlon longue distance, j’ai choisi le triathlon longue distance de Cannes. Afin de valider mon cycle de foncier et mettre en œuvre tous les kilomètres accumulés tout au long de l’hiver, mon coach, Thomas André et moi décidons de prendre part au Triathlon de Cannes le 24/04. C’est le premier rendez-vous  triathlon de la saison.

Je m’entraîne toute l’année de la côte de Saint Raphael, non loin de Cannes, ce qui m’a permis lors de mes longues sorties à vélo d’aller reconnaître l’exigeant parcours vélo de ce triathlon, à savoir 107km, 3 ascensions, pour un total de 2000m de dénivelé positif. Je connaissais donc par cœur ce parcours vélo, je savais ou il fallait mettre les watts. Mais avec l’inexpérience sur ce genre distance L soit 1.9km de natation, 107km de vélo et 16km de course à pied, je partais vers l’inconnu le plus total.

La veille de course :

Samedi, veille de course. Le matin, 1h30 de vélo est au programme, une petite sortie en compagnie avec mes partenaires entrainement, sans forcer, histoire de tourner et oxygéner un maximum les cannes. C’est la dernière opportunité pour vérifié l’état de marche du vélo, freinage,  batterie du DI2, du capteur de puissance, indispensable pour une bonne gestion de course pour éviter de s’enflammer des l’entame de la course. Le temps est maintenant à la préparation des affaires de courses, il ne me manque rien, un stress en moins. 14h,  c’est l’heure d’aller déposé mon vélo au parc à vélo. Il est impératif de le déposé ce jour pour prendre le départ demain. Par la même occasion, j’ai découvert le site, un très beau cadre, sur le long de la Croisette. Une fois rentrée à la maison vers 17h, je suis allé faire mon traditionnel footing de veille de course, avec 25 à 30 minutes à allure faible, ainsi que des gammes techniques (talons fesses, montées de genoux, jambes tendus) pour finir sur 3 à 4 lignes droites de 80m vite et placé, tout en déroulé. Une séance d’étirement de contracté/ relâché, qui consiste à contracté un groupe musculaire puis tout en expirant lentement étirer ce même groupe musculaire. Elle vient clôturer cette journée.

Jour J :

Avant course :

Le réveil

5h30, le réveil sonne, cela signifie que dans 3h je serais sur la ligne départ, la pression et l’excitation monte d’un cran. Je me lève 3h avant le départ, pour déjeuner et laisser le temps à mon estomac de l’assimiler. Comme à mon habitude, je déjeune un gâteau sport que j’ai moi-même préparé la veille. Ayant des soucis de digestion, j’ai pris une habitude de petit déjeuner d’avant course afin d’éviter tous problèmes  gastriques et une éventuelle défaillance lors de la course.

6h15 c’est l’heure de partir vers Cannes, 45 minutes rallient Saint Raphael au site de course.

Échauffement 

Avant la course, je m’échauffe à peine, je fais quelques mouvements de bras et un travail articulaire. Je suis conscient que la course va être longue. Je ne veut pas m’entamer, j’ai largement le temps de prendre mon rythme pendant la course.

Les conditions 

Le temps ne joue pas en notre faveur, des bourrasques de vents s’abattent sur le parcours rendant la partie vélo plus compliqué que prévu. Pour la température de l’eau et de l’air, elles sont idéales.

Natation 

2 boucles de 1000m environ à parcourir avec une sortie à l’australienne, à l’endroit du départ.

8h30, c’est l’heure du départ  de la catégorie PRO dont je fais parti, ce qui me permet de me poster aux avants postes, sans être gêner.

Je prend un départ plutôt poussif, voyant les meilleurs nageurs Robin Pasteur et Sam Laidlow s’envolaient.

Lors de la première boucle, on m’indique que je suis 12e, je vois par la même occasion que je suis en compagnie de Cameron Wurf, le prétendant à la victoire finale.

Je suis en total contrôle, je gère cette première partie natation, sans me mettre dans le rouge car je sais que le plus dur reste à venir et que la course va être longue.

A la sortie d’eau, je me retrouve 10e, toujours en compagnie de Cameron. Une natation bouclée en 22’ 45 secondes, à 2’15 de la tête de course.

Une transition assez lente, je prend soin de mettre mon coupe vent ou j’avais préalablement mis mes barres et gels énergétiques afin de me ravitailler pendant la course. Je ne prends jamais les ravitaillements mis en place par les organisateurs, afin d’éviter tout risque de problème gastrique. Sur ce genre de distance mieux vaut avoir essayé son alimentation de course à l’entrainement pour s’assurer que notre organisme les assimile et éviter les mauvaises surprises.

Le vélo 

Pour le vélo, je n’ai eu le choix du bolide, étant donné que je ne possède qu’un vélo de course traditionnel. J’y ai juste rajouté des prolongateurs allongés. Sur ce genre de parcours, il n’est pas indispensable d’avoir un vélo de contre la montre, au vue du parcours très variant. En effet, les 107km et ces 2000m de d+ avec 3 cols à gravir, à savoir Le Tanneron depuis Mandelieu, 7,6km à 5,9% Saint Cézaire 5km à 4,8% et enfin de nouveau le Tanneron depuis Saint Cassien, 5,5km à 5,2% pour revenir sur le bord de mer et finir sur la croisette.

Je prends un départ prudent, 300 watts lors des 10er km qui longe la croisette et qui va nous amener directement  au pied de la première difficulté du jour, le Tanneron depuis Mandelieu. C’est le col le plus dur de la journée mais étant placé non loin du début de la partie vélo, il se monte assez facilement. Par la même occasion il permet de voir l’état de forme. Ayant un capteur de puissance et une ceinture cardio. J’avais les outils pour gérer cette montée, je savais quel seuil de puissance je ne devais dépasser, à savoir 330 watts, mon premier seuil ventilatoire. Je boucle cette montée en un peu moins de 23 minutes, sans trop m’entamer physiquement.

Lors de la descente puis sur une partie vallonnée mais roulante j’ai du mal à suivre le rythme de mes concurrents, avec qui je me suis retrouvé à l’issue de la montée du col, du à leur vélo de contre la montre plus adapté à cet endroit du parcours.

Km 50, j’arrive au pied de la 2e difficulté, la montée de Saint Césaire, une montée que je pris à mon compte, étant le plus à l’aise dans les bosses grâce à mon vélo de course traditionnel qui m’offre un meilleur rendement lorsque le parcours s’élève. Je boucle cette 2e ascension en 14’.

A partir de la, c’est un parcours assez casse patte avec une succession depetites bosses.

Km 80 la dernière difficulté se présente à moi, l’autre versant du Tanneron, moins compliqué sur le papier mais avec la fatigue accumulé, c’est une tout autre histoire. Mes adversaires me lâchent des le bas de montée. Sachant ce qu’il me restait encore à faire avant de franchir la ligne d’arrivée, je décide de lever le pied jusqu’au parc à vélo, il me reste 30km à parcourir à ce moment la.

Le retour sur la croisette est acrobatique. Des rafales de vents  à plus de 80km/h balayent les barrières balisant le milieu de la chaussée.  Avec le manque de lucidité, pas évident de maitriser son vélo et éviter de se retrouver au tapis.

Je boucle ces 107km, et ces 2000m de d+ en 3h20, soit 20 minutes de plus que le meilleur chrono.

Je rentre au parc en 17e position, encore assez frais, prêt pour attaquer la dernière partie de course.

La 2e transition est rapide. Pour couvrir les 16km, je décide de courir sans chaussettes dans mes chaussures, un choix regrettable.

Course à pied 

Des les premières foulées je sens que les jambes répondent bien, je trouve rapidement mon rythme en 3’40 /km. Les km passent, je double un à un mes concurrents. Au 10e km,  une ampoule, au niveau de la voute plantaire commence à me gêner mais je réussis malgré tout en serrant les dents  à maintenir cette allure pendant toute la partie course à pied, bouclant les 16km du parcours assez tortueux, avec de nombreuses relances en un peu mois de 58 minutes. Avec un dernier km de folie ou je donne tout pour doubler Robin Pasteur, synonyme de top 10. Finissant par la même occasion avec le pied gauche en sang à cause de mon ampoule.

Je franchis la ligne d’arrivée à une honorable 10e place chez les PRO avec un chrono final de 4h44 à un peu moins de 20 minutes du vainqueur final Cameron Wurf. . Finissant par la même occasion avec le pied gauche en sang à cause de mon ampoule.

Des lors que je passe cette ligne d’arrivée, je m’effondre au sol, une vague d’émotion surgit en moi, à la fois content de cette performance inespérée, réalisée pour une  première expérience  et exténué par l’effort.

Mathieu GALLET – Ambassadeur Kiwami Racing Team

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